
Une rayure sur le parquet, une fenêtre qui ferme difficilement ou un radiateur impossible à tester peuvent sembler secondaires lors de la remise des clés. Pourtant, plusieurs années après, ces détails deviennent déterminants pour comparer l’état initial du logement à son état de sortie et établir les responsabilités de chacun.
Pour réussir un état des lieux d’entrée, il faut examiner chaque pièce méthodiquement, décrire les défauts de manière observable et consigner les équipements dont le fonctionnement n’a pas pu être vérifié. Des photographies associées aux mentions écrites permettent également de conserver une trace exploitable.
En France, l’état des lieux d’entrée constitue un document contradictoire annexé au bail d’habitation. Son contenu et ses modalités d’établissement sont notamment encadrés par la loi du 6 juillet 1989 et le décret du 30 mars 2016. Un constat détaillé protège le locataire contre l’imputation de dommages préexistants et aide le bailleur à identifier les dégradations réellement survenues pendant l’occupation.
L’essentiel pour un état des lieux d’entrée fiable
- Décrire chaque défaut avec sa nature, sa localisation et son étendue, plutôt que de se limiter à « bon état » ou « usé ».
- Vérifier les revêtements, les ouvertures, les installations et les équipements pièce par pièce, puis documenter les anomalies par des photographies.
- Demander rapidement un complément si un défaut a été oublié : dix jours suivant l’établissement du constat, ou pendant le premier mois de la période de chauffe pour les éléments de chauffage.
- Pourquoi les mentions imprécises posent-elles problème lors de l’état des lieux de sortie ?
- Comment réaliser un état des lieux pièce par pièce sans oublier les équipements ?
- Comment tester chauffage, eau, fenêtres et équipements pendant une visite locative ?
- Usure normale ou dégradation : comment comparer deux états des lieux après plusieurs années ?
- Quelles formulations rendent un état des lieux trop imprécis en cas de désaccord ?
- Quand compléter un état des lieux si un défaut apparaît après la remise des clés ?
- Quelles clauses du bail faut-il lire attentivement avant de signer une location ?
- Quelles clauses d’un bail doivent inciter un locataire à vérifier leur validité ?
Pourquoi les mentions imprécises posent-elles problème lors de l’état des lieux de sortie ?
Les mentions imprécises compliquent l’identification des dégradations apparues pendant la location. Lorsqu’un état des lieux d’entrée indique simplement « bon état » ou « peinture correcte », il devient difficile de déterminer si une marque constatée à la sortie existait déjà. Cette incertitude peut fragiliser une retenue sur le dépôt de garantie ou rendre sa contestation plus délicate.
Le problème apparaît lorsque les deux documents doivent être comparés. Une mention générale renseigne sur une appréciation globale, mais rarement sur les caractéristiques concrètes du logement. Elle ne permet pas toujours de distinguer une détérioration récente d’une imperfection préexistante.
Trois niveaux de rédaction doivent être distingués :
- Le constat factuel : « Mur droit du séjour : deux traces noires de 8 cm et 12 cm, à 20 cm du sol. » Il décrit des éléments vérifiables.
- La qualification d’état : « Mur en état d’usage. » Elle exprime une appréciation sans détailler les marques éventuelles.
- La réserve conditionnelle : « Radiateur non testé, chauffage collectif arrêté au jour du constat. » Elle signale explicitement une vérification impossible.
Une qualification générale n’est pas automatiquement dépourvue de valeur juridique. En revanche, lorsqu’un désaccord survient, le juge apprécie les pièces disponibles et leur capacité à établir la réalité des dommages, leur origine et les responsabilités. Aucune règle générale ne prévoit qu’une mention vague soit systématiquement interprétée contre son rédacteur.
La précision initiale facilite également l’application d’une éventuelle grille de vétusté. Pour distinguer une peinture déjà marquée d’une peinture abîmée pendant la location, il faut connaître son état de départ. Une grille peut aider à apprécier l’usure liée au temps, mais elle ne remplace pas les constatations matérielles.
Le cadre applicable figure notamment dans l’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989. Ce texte prévoit l’établissement contradictoire de l’état des lieux et précise les conséquences de certaines situations dans lesquelles le constat n’a pas pu être établi.
En l’absence d’état des lieux d’entrée, la présomption de bon état prévue par l’article 1731 du Code civil peut entrer en jeu, sous réserve des circonstances. La partie ayant fait obstacle à son établissement ou à sa remise ne peut toutefois pas se prévaloir de cette présomption.
Pour rendre ces constatations réellement exploitables, encore faut-il examiner systématiquement l’ensemble des pièces et des équipements du logement.
Comment réaliser un état des lieux pièce par pièce sans oublier les équipements ?
Pour réaliser un état des lieux complet, parcourez le logement dans un ordre constant et utilisez une grille distincte pour chaque pièce. Vérifiez successivement les murs, sols, plafonds, ouvertures, installations et équipements. Consignez immédiatement chaque anomalie avec sa localisation, puis rapprochez les observations des photographies correspondantes.
Commencez par relever les informations générales : date de l’état des lieux, adresse du logement, identité des parties, nombre et nature des clés remises, ainsi que les index des compteurs concernés. Lorsque certains relevés ne sont pas accessibles, mentionnez cette impossibilité.
Dans chaque pièce, adoptez le même parcours visuel. Une méthode pratique consiste à partir de la porte d’entrée, à examiner les murs dans le sens des aiguilles d’une montre, puis à contrôler les surfaces horizontales et les équipements.
Cette organisation aide à repérer les éléments souvent oubliés : encadrements de portes, poignées, joints, plinthes, prises, interrupteurs, volets, grilles de ventilation ou éléments situés derrière les portes.
Dans la cuisine et la salle de bains, vérifiez également les évacuations, la robinetterie, les joints sanitaires et les éventuels équipements électroménagers mis à disposition. La présence et l’état des équipements doivent être rapprochés des indications du contrat de location.
Le décret du 30 mars 2016 impose une description précise des revêtements de sols, murs et plafonds, ainsi que des équipements et éléments du logement. Il autorise également les observations, réserves et illustrations photographiques. Il ne prescrit cependant ni formulaire unique obligatoire ni ordre de visite particulier.
Ces exigences figurent dans le décret du 30 mars 2016 sur les états des lieux, qui précise également les informations devant figurer sur le document et les conditions permettant de comparer l’entrée et la sortie.
Checklist de contrôle avant la signature
- Parcourir chaque pièce dans le même ordre et produire une fiche renseignée pour chacune.
- Relever les anomalies visibles en précisant leur emplacement et produire une liste des défauts localisés.
- Vérifier les compteurs, les clés et les moyens d’accès, puis inscrire les relevés et quantités sur le constat.
- Tester les équipements accessibles et établir une liste des éléments fonctionnels, défaillants ou non testés.
- Associer les photographies aux observations écrites, vérifier les réserves et conserver un exemplaire signé du document.
Pour les photographies, privilégiez une vue d’ensemble permettant d’identifier l’emplacement, puis un cliché rapproché montrant le défaut. La datation et la numérotation des images facilitent leur rapprochement avec les descriptions. Il est préférable que les parties identifient clairement les photographies annexées au constat.
Cette méthode couvre l’état visible, mais certains défauts ne se révèlent qu’en actionnant les installations et les équipements.
Comment tester chauffage, eau, fenêtres et équipements pendant une visite locative ?
Tester les équipements pendant l’état des lieux consiste à vérifier leur fonctionnement immédiat dans des conditions normales d’utilisation. Ouvrez les robinets, actionnez les fenêtres, essayez les interrupteurs et contrôlez le chauffage lorsqu’il est disponible. Tout équipement défaillant ou impossible à tester doit faire l’objet d’une observation explicite.
Ces vérifications pratiques complètent l’examen visuel. Une installation peut paraître intacte tout en présentant un dysfonctionnement : fenêtre difficile à verrouiller, évacuation lente ou radiateur qui ne chauffe pas.
Le tableau suivant propose des contrôles simples réalisables sans démontage ni intervention technique.
| Équipement | Test conseillé | Défaut à documenter |
|---|---|---|
| Robinetterie | Ouvrir les robinets et observer le débit, la température et les écoulements. | Fuite visible, débit anormal, absence d’eau chaude. |
| Évacuations | Faire couler de l’eau et observer son évacuation. | Écoulement lent, refoulement, fuite apparente. |
| Fenêtres et volets | Ouvrir, fermer, verrouiller et manœuvrer les mécanismes. | Blocage, poignée desserrée, joint détérioré. |
| Électricité | Actionner les interrupteurs et essayer les prises accessibles avec un appareil adapté. | Interrupteur inopérant, prise inaccessible ou défaillante. |
| Chauffage | Tester la commande et vérifier la chauffe lorsque l’installation fonctionne. | Absence de chauffe, commande bloquée, essai impossible. |
| Ventilation | Observer le fonctionnement perceptible et l’état des entrées et sorties d’air. | Grille obstruée, bruit inhabituel, fonctionnement non vérifiable. |
Ces essais restent limités. Une prise fonctionnelle lors de la visite ne prouve pas que toute l’installation électrique est conforme. De même, observer un écoulement d’eau ne permet pas d’exclure une fuite dissimulée.
Il faut distinguer le fonctionnement constaté de l’état structurel de l’installation. L’état des lieux n’est pas un diagnostic technique complet et ne doit pas être présenté comme tel.
Lorsque le chauffage collectif est arrêté ou que l’électricité n’est pas encore disponible, une réserve descriptive constitue une précaution utile : « Chauffage non testé au jour de l’état des lieux, installation collective à l’arrêt. » Cette formulation indique précisément la limite de la vérification.
Si un équipement ne fonctionne pas, notez son défaut sans attendre. Pour les anomalies susceptibles de relever des obligations d’entretien, de réparation ou de décence du logement, le constat doit être accompagné d’un signalement au bailleur. L’inscription d’une anomalie ne dispense pas ce dernier de ses obligations légales.
Conserver ces observations prend toute son importance à la sortie, lorsque les parties doivent distinguer les défauts préexistants, l’usure naturelle et les éventuelles dégradations.
Usure normale ou dégradation : comment comparer deux états des lieux après plusieurs années ?
Pour comparer deux états des lieux après plusieurs années, il faut examiner chaque élément en tenant compte de son état initial, de sa durée d’utilisation et de la nature des changements constatés. L’usure normale liée au temps ou à un usage conforme ne doit pas être assimilée à une dégradation imputable au locataire.
La vétusté correspond à l’usure ou à la détérioration résultant du temps ou de l’usage normal des matériaux et équipements du logement. Elle constitue un paramètre essentiel lorsqu’il faut déterminer la part des dommages qui relève du vieillissement naturel.
Une peinture légèrement ternie après plusieurs années d’occupation ne s’analyse pas de la même manière qu’un mur présentant un choc important. De même, des rayures superficielles sur un revêtement ancien doivent être appréciées en fonction de son état à l’entrée.
Pour comparer les constats, il est utile de réunir les informations suivantes pour chaque élément :
- L’état précis mentionné lors de l’entrée, photographies comprises.
- La durée d’occupation du logement.
- La nature du matériau et son état d’ancienneté connu.
- Le type et l’étendue du changement observé à la sortie.
- L’existence éventuelle d’une grille de vétusté convenue entre les parties.
Les grilles de vétusté admises par la réglementation peuvent prévoir des durées de vie théoriques des matériaux et équipements ainsi que des coefficients d’abattement annuels. Elles permettent de prendre en compte le vieillissement sans assimiler systématiquement la valeur d’un élément usagé à celle d’un élément neuf.
Aucune durée de vie nationale unique n’est imposée pour chaque matériau. Les parties peuvent convenir d’une grille répondant aux conditions réglementaires dès la signature du bail. En l’absence d’une telle grille, l’appréciation de la vétusté dépend des éléments disponibles et, en cas de contentieux, de l’analyse du juge.
Cas pratique hypothétique : comparer un parquet déjà rayé
À l’entrée, l’état des lieux indique : « Chambre, parquet : quatre rayures superficielles devant la fenêtre, de 5 à 12 cm. » Plusieurs années après, le constat de sortie relève les mêmes marques ainsi qu’un enfoncement profond près de la porte.
Les rayures initiales peuvent être distinguées du nouvel enfoncement grâce à leur localisation. La responsabilité éventuelle concernant le nouveau dommage reste à apprécier selon ses circonstances, l’état du parquet et sa vétusté.
Certains cas appellent une appréciation nuancée : traces de calcaire, joints vieillissants, petits trous liés à un usage ordinaire ou détérioration d’un élément déjà ancien. Un trou dans un mur n’est pas automatiquement une dégradation facturable, pas plus qu’il n’est systématiquement considéré comme de l’usure normale. Le contexte et l’ampleur du dommage comptent.
Le montant d’une éventuelle retenue doit également être justifié. La présence d’un défaut dans l’état des lieux de sortie ne suffit pas, à elle seule, à établir le coût d’une remise en état imputable au locataire.
Pour que cette comparaison fonctionne, la rédaction des deux documents doit conserver un niveau de détail suffisamment proche.
Quelles formulations rendent un état des lieux trop imprécis en cas de désaccord ?
Les expressions « bon état », « propre », « usé » ou « à revoir » deviennent problématiques lorsqu’elles ne permettent pas d’identifier concrètement un défaut. Pour produire un constat exploitable, il faut indiquer ce qui est observé, où se trouve l’anomalie et quelle est son étendue. Une description factuelle est préférable à une appréciation isolée.
Les termes généraux ne sont pas nécessairement inutiles. Ils peuvent synthétiser l’état d’un élément, mais gagnent à être accompagnés de précisions lorsque des défauts sont visibles.
Le tableau suivant montre comment transformer certaines formulations trop générales en mentions descriptives.
| Formulation insuffisante | Formulation descriptive préférable |
|---|---|
| Peinture en bon état | Mur gauche du séjour : peinture blanche homogène, deux petits impacts près de la prise basse. |
| Porte abîmée | Porte d’entrée : rayures visibles sur environ 30 cm au bas du panneau intérieur. |
| Sol usé | Parquet de la chambre : zone décolorée devant la fenêtre, approximativement 40 × 25 cm. |
| Fenêtre à revoir | Fenêtre de la cuisine : poignée dure à tourner, fermeture complète obtenue après plusieurs essais. |
| Radiateur RAS | Radiateur du séjour : fixation stable, absence de fuite visible ; fonctionnement thermique non testé. |
Les mesures indiquées dans ces exemples sont illustratives. Elles doivent être remplacées par les observations réellement effectuées dans le logement.
Les abréviations professionnelles comme « RAS », « BE » ou « EU » peuvent également susciter des interprétations différentes lorsqu’elles ne sont pas définies. Une légende commune peut limiter cette difficulté, mais elle ne remplace pas la description des anomalies particulières.
Les photographies jouent un rôle complémentaire. Un cliché rapproché prouve plus difficilement la localisation d’un défaut s’il ne montre aucun élément de contexte. Une photographie générale de la pièce, associée à une vue détaillée et à une observation écrite, fournit une information plus complète.
Une attention particulière doit être portée à la formule « sous réserve de fonctionnement ». Elle peut être pertinente lorsqu’un essai est matériellement impossible, mais elle devient trop générale si elle est appliquée indistinctement à tous les équipements.
Il vaut mieux identifier individuellement les installations non vérifiées et expliquer pourquoi leur essai n’a pas été réalisé. Les parties disposent ainsi d’un constat plus transparent, sans prétendre garantir l’absence de défaillance future.
Même avec une visite attentive, certains problèmes peuvent toutefois n’apparaître qu’après l’installation. La loi prévoit alors des possibilités de compléter le constat initial.
Quand compléter un état des lieux si un défaut apparaît après la remise des clés ?
En France, le locataire peut demander à compléter l’état des lieux d’entrée dans les 10 jours suivant son établissement. Pour les éléments de chauffage, cette demande peut être effectuée pendant le premier mois de la période de chauffe. Si le bailleur refuse le complément, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.
Ces délais concernent la correction ou l’ajout d’observations relatives à l’état initial du logement. Ils permettent notamment de signaler un défaut qui n’avait pas été remarqué lors de la visite contradictoire.
La distinction entre deux situations reste importante :
- Défaut préexistant découvert tardivement : le locataire constate après son entrée une fissure, une anomalie ou un défaut qui était déjà présent lors de la remise des clés. Il peut demander un complément dans le délai applicable.
- Dysfonctionnement survenu après l’entrée : un équipement tombe en panne ultérieurement. La situation relève alors des obligations respectives d’entretien et de réparation, selon l’origine du problème et les règles applicables.
Pour documenter un défaut oublié, il est recommandé d’adresser rapidement au bailleur une demande écrite précisant la date de l’état des lieux, la pièce concernée, l’anomalie observée et la modification sollicitée. Des photographies peuvent être jointes.
Un échange écrit dont la réception peut être démontrée facilite la preuve de la démarche. En cas de désaccord, une lettre recommandée peut être pertinente, sans être une formalité systématiquement imposée pour toute demande de complément.
10 jours
Délai légal pendant lequel le locataire peut demander un complément à l’état des lieux d’entrée, à compter de son établissement. Un régime spécifique s’applique aux éléments de chauffage pendant le premier mois de la période de chauffe.
Article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989.
La possibilité de compléter le document et les démarches en cas de refus sont également expliquées dans la fiche Service Public sur l’état des lieux d’entrée.
Si le bailleur refuse la modification, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation. Une déclaration unilatérale accompagnée de photographies ne modifie pas automatiquement un état des lieux signé contradictoirement. Elle peut néanmoins constituer un élément d’appréciation parmi d’autres dans un éventuel litige.
Après l’expiration des délais spécifiques de complément, il reste possible de signaler un dysfonctionnement et de demander une intervention lorsque les obligations du bailleur le justifient. Il ne faut pas confondre le délai de modification de l’état des lieux avec l’ensemble des droits relatifs à l’entretien ou à la décence du logement.
La qualité de cette démarche dépend aussi des documents signés avant l’entrée, notamment du bail et de ses annexes.
Quelles clauses du bail faut-il lire attentivement avant de signer une location ?
Avant de signer un bail d’habitation, examinez les clauses relatives au dépôt de garantie, au montant du loyer, aux charges, aux équipements et aux obligations d’entretien. Vérifiez également les conditions de révision du loyer, les modalités de restitution du logement et les annexes obligatoires. Ces dispositions peuvent avoir des conséquences concrètes lors de l’état des lieux de sortie.
Le dépôt de garantie mérite une attention particulière. Son montant doit respecter les plafonds applicables au type de location. Les sommes éventuellement retenues à la sortie doivent être justifiées et ne peuvent pas résulter d’une simple pénalité arbitraire prévue dans le contrat.
Lorsque les parties conviennent d’une grille de vétusté conforme aux conditions réglementaires, il est utile de l’identifier clairement dès la signature. Elle contribuera à apprécier le vieillissement des matériaux et équipements lors de la restitution du logement.
La description des équipements est également déterminante. Le contrat et ses annexes doivent permettre de savoir quels éléments font partie de la location et doivent être restitués. L’état des lieux précise ensuite leur présence et leur état.
Un équipement présent dans le logement mais mal documenté peut entraîner un désaccord sur sa mise à disposition, son fonctionnement initial ou sa restitution. Pour cette raison, il est préférable de clarifier par écrit toute différence entre le bail, les annexes et la situation réellement constatée.
La lecture du contrat doit également porter sur les diagnostics et documents obligatoires selon la situation du logement : dossier de diagnostic technique, diagnostic de performance énergétique, constat de risque d’exposition au plomb lorsqu’il est requis, état des risques dans les cas prévus et notice d’information applicable.
L’absence d’un document doit conduire à demander des explications et, si nécessaire, sa remise. Les conséquences juridiques dépendent du document concerné : elles n’entraînent pas automatiquement l’annulation de l’ensemble du bail.
Enfin, les clauses prévoyant des frais forfaitaires, des restrictions disproportionnées ou des modalités particulières de paiement doivent être examinées à la lumière des règles d’ordre public applicables aux locations d’habitation.
Cette vérification doit être complétée par un examen des clauses susceptibles d’être interdites, même lorsqu’elles figurent dans un contrat présenté comme standard.
À retenir avant de signer
- Une clause signée n’est pas nécessairement valable : certaines dispositions contraires aux règles applicables sont réputées non écrites.
- La validité d’une obligation dépend de sa formulation exacte et du régime juridique du bail, pas seulement de son caractère favorable ou défavorable.
- En présence d’une clause douteuse, conservez le contrat et les échanges écrits, puis sollicitez un avis adapté avant d’engager une contestation.
Quelles clauses d’un bail doivent inciter un locataire à vérifier leur validité ?
Un locataire doit vérifier les clauses qui imposent des pénalités automatiques, restreignent ses droits légaux ou permettent au bailleur de décider seul de certaines obligations financières. Une clause contraire aux dispositions d’ordre public peut être réputée non écrite, même après signature. Il faut néanmoins distinguer les clauses interdites des obligations légalement admises.
La loi du 6 juillet 1989 encadre de nombreuses stipulations des baux d’habitation. Certaines pratiques contractuelles sont expressément prohibées, tandis que d’autres doivent être appréciées en fonction de leurs conditions d’application.
Plusieurs formulations méritent une vérification particulière :
- Pénalités automatiques : une clause imposant au locataire une pénalité pour retard de paiement du loyer doit être confrontée aux interdictions prévues par la loi.
- Assurance imposée : le bailleur ne peut pas obliger le locataire à souscrire son assurance auprès d’une compagnie qu’il choisit lui-même, même si une obligation d’assurance locative s’applique.
- Mode de paiement imposé : une clause imposant le prélèvement automatique du loyer est réputée non écrite.
- Visites excessives : les clauses imposant des visites les jours fériés ou pendant plus de deux heures les jours ouvrables pour vendre ou relouer le logement sont interdites.
- Restrictions injustifiées : une disposition limitant les droits du locataire en matière d’usage du logement ou d’action en justice doit être examinée au regard des textes applicables.
Ces interdictions et plusieurs autres figurent dans l’article 4 de la loi du 6 juillet 1989.
Il convient de distinguer trois situations. Une clause réputée non écrite ne produit pas les effets qu’elle prétend imposer. Une clause conditionnelle peut être valable seulement lorsque certaines conditions légales sont respectées. Enfin, une clause peut être contraignante ou défavorable sans être nécessairement illégale.
Par exemple, une obligation d’entretien courant n’est pas automatiquement abusive. Elle doit être examinée selon sa portée et la répartition légale des responsabilités entre bailleur et locataire. À l’inverse, une pénalité prohibée ne devient pas valable du seul fait que le locataire l’a acceptée.
En cas de doute, une démarche raisonnable consiste à identifier la formulation exacte, à rechercher le texte applicable et à demander conseil à l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL) compétente. Selon la nature du désaccord, une tentative de conciliation ou une action devant la juridiction compétente peut ensuite être envisagée.
Une clause réputée non écrite n’entraîne pas automatiquement l’annulation du bail entier. Elle ne justifie pas non plus, à elle seule, la restitution intégrale du dépôt de garantie. Les conséquences dépendent des obligations concernées et du litige.
Conserver les échanges écrits est particulièrement utile lorsque le bailleur cherche à appliquer une disposition contestée à l’occasion de l’état des lieux de sortie ou de la restitution du dépôt.
Avant la remise des clés, relisez donc le bail, vérifiez ses annexes, préparez une grille de contrôle pièce par pièce et assurez-vous que les réserves nécessaires figurent dans l’état des lieux. Ces précautions rendent la restitution future plus transparente pour les deux parties.
Peut-on refuser de signer un état des lieux qui ne correspond pas à la réalité ?
Oui. Une partie peut refuser de signer un constat qu’elle estime inexact. Il est préférable de signaler précisément les points contestés et de rechercher leur correction. Si un état des lieux amiable ne peut être établi, un commissaire de justice peut intervenir selon la procédure prévue par la loi.
Les photographies suffisent-elles à prouver l’état initial d’un logement ?
Les photographies constituent des éléments de preuve utiles, mais leur portée dépend notamment de leur identification, de leur date, de leur contenu et des autres pièces disponibles. Il est préférable de les associer à des descriptions écrites précises et de les intégrer clairement au constat contradictoire.
Qui paie l’état des lieux d’entrée lorsqu’il est réalisé à l’amiable ?
Lorsqu’il est établi directement et à l’amiable entre le bailleur et le locataire, sans professionnel facturant la prestation, l’état des lieux ne donne pas lieu à des frais d’établissement. Lorsqu’un professionnel intervient ou qu’un commissaire de justice est nécessaire, des règles particulières de tarification et de répartition des frais s’appliquent.
Que faire si une pièce est inaccessible pendant l’état des lieux ?
Il est préférable de préciser dans le document quelle pièce ou quel espace n’a pas pu être examiné et pour quelle raison. Il faut éviter de qualifier son état sans vérification. Les parties peuvent rechercher une solution pour organiser un constat complémentaire, en conservant une trace écrite des démarches entreprises.
Un état des lieux réalisé sur tablette a-t-il la même valeur qu’un document papier ?
Un état des lieux peut être établi sous forme électronique, sous réserve de respecter les exigences applicables, notamment l’identification des parties, la description du logement, le caractère contradictoire du constat et sa remise à chacune des parties lors de la signature. Le support numérique ne dispense pas de rédiger des observations précises ni de pouvoir conserver le document.